Dossier : les déchets

Source : Campagne lancée par le CNIID

CNIID

Centre national d'information indépendante sur les déchets

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"En France, de 1960 à 2000, le tonnage d'ordures ménagères par habitants à doublé,

celui des déchets d'emballages a quadruplé et celui des déchets plastiques à plus

que décuplé. Un français produit 550kg de déchets par an, la France génère 650

millions de tonnes de déchets annuellement. Et chaque années, cette quantité augmente

de 2%.

Selon l'ADEME, en 2002, plus de 80% de nos déchets sont encore enfouis pêle-mêle

où transformés en cendres dans les incinérateurs. Les ressources sont enterrées

ou brûlées alors que celles-ci pourraient être récupérées. Traités ainsi, les déchets

représentent un risque pour la santé et l'environnement.

La plupart des produits et matériaux contiennent un cocktail de substances chimiques

qu'ils libèrent dans l'environnement lorsqu'ils sont brulés. Les incinérateurs rejettent

dans l'atmosphère une série de métaux lourds toxiques, comme le plomb ou le mercure.

Même si certaines substances chimiques sont piégées par des dispositifs de traitement

des fumées, ces substances vont ensuite être enfouies en décharge ou elles subieront

une libération lente mais inexorable. L'incinération contribue à la contamination de la

chaîne alimentaire qui se retrouve fatalement dans nos assiettes.

La mise en décharge n'est pas une solution, les éléments dans ces sites d'enfouissements

constituent un mélange toxique qui contamine les eaux souterraines, les sols et les eaux

de surface. Les matières organiques en fermentation dégagent du méthane, puissant

gaz à effet de serre. Depuis 2002 la mise en décharge n'est théoriquement plus autorisée.

Nous devons agir au niveau de la prévention et contribuer à la réduction des déchets à la

source. Car ils sont le résultat de la surconsommation et des procédés de production sales

et de suremballage des produits. Cet état des lieux appartiend à la responsabilité collective

et à la responsabilité industrielle.

Nous devons redonner de la valeur aux objets et prendre conscience de la quantité de

déchets générés lors de la fabrication des objets, par exemple pour la fabrication d'une

brosse à dent, 1,5kg de déchets sont générés. 75kg pour un ordinateur portable,

1500kg pour un ordinateur personnel. Nous devons limiter notre consommation en réutilisant

ou en recyclant les produits lorsqu'ils sont à l'état de déchets.

Nous devons appliquer le principe des 3R : réduction, réutilisation, recyclage.

Réduction :

Les matières organiques doivent être compostées de manière autonome ou pratiqué au

niveau du quartier. Cette pratique est facilement envisageable en zone rurale

Les emballages, 50% en volume et 35% en poid des déchets sont une part importante

du problème. Cent milliards d'emballages passent chaque année entre les mains des français.

Ils ne seront jamais recyclés car cela couterait trop cher et tous les films et barquettes

plastiques continuent d'alimenter les incinérateurs et remplir les décharges. Nous pouvons donc :

- refuser les sacs plastiques

- préférer les produits peu ou pas emballés

- éviter les produits en portion individuelles ou en doses qui sont souvent plus chères.

- bannir les produits jetables

- boire l'eau du robinet

- éviter la vente à emporter

- éviter chez soi les emballages en alluminium et les films plastiques

- apposez un autocollant "StopPub" sur la boite aux lettres et éviterez 40kg par an.

Cette liste est non exhaustive, faites nous partager vos astuces !

Nous devons aussi réduire la toxicité de nos déchets. En Europe, 100000 substances chimiques

sont commercialisées bien que seulement une centaine d'entre elles aient été étudiées. Cette

dramatique situation doît faire l'objet d'une réforme européenne : REACH, qui s'effrite peu à peu

sous la pression de l'industrie chimique. Nous devons donc aussi agir à notre niveau pour endiguer

la pollution chimique de notre environnement :

- remplacer les produits chimiques qui sont des biocides : ils détruisent la vie, par les produits d'entretiens

biologiques.

Le Réutilisation :

On parle de flux détournés pour les produits qui connaîtrons une deuxième vie dans le même

usage. On distingue deux grandes voies de réorientation en fin d'usage, permettant d'éviter l'abandon :

- les échanges locaux entre particuliers, tels les brocantes, bourses, dépôts-vente, SEL...

- les dispositifs de détournement des flux de déchets comme les Recycleries ou Emmaüs, Envie.

Optez pour des produits rechargables ou réutilisables. Les couches pour enfant ne sont pas

recyclable. Optez pour des systèmes ou seul une partie de la couche est jetée, certaines

entreprises proposent de les recupérer pour les nettoyer avant de vous les remettre.

Au niveau de la collectivité, un système de consigne peut-être mis en place avec les producteurs

locaux afin de favoriser le réemploi.

Le Recyclage :

Il a le mérite d'économiser les matières premières. Il est donc nécessaire et utile de trier ses déchets.

Le Recyclage n'est toutefois pas une solution miracle et ne dois pas nous faire perdre de

vue la necessité de modifier nos modes de consommation.

Il reste un procédé industriel nécessitant de l'énergie et générant des pollutions et du transport :

camions de déchets. Sans compter que de nombreux produits, particulièrement ceux en matière

plastique, ne pouront être recyclés qu'une seule fois. Le recyclage comporte donc des limites car

s'occuper des déchets en fin de course n'est pas suffisant.

Les collectivités et les citoyens ne peuvent pas résoudre seuls le problème des déchets,

et ne doivent pas être obligés de faire du nettoyage après les industriels irresponsables.

Les collectivités, confrontées à des rebuts qu'elles ne peuvent pas réutiliser, recycler ou

composter doivent exiger des industriels qu'ils arrêtent de les produire. Nous devons

repenser le processus de fabrication afin de ne plus produire de déchets. Nous devons

évoluer vers des systèmes de production industrielle qui soient propre car nombre des

substances les plus nocives pour l'environnement sont aujourd'hui répandues dans

la nature par l'entremise des biens produits et consommés dans la société contemporaine.

Il est plus judicieux de faire peser tout ou partie de la responsabilité financière des

déchets sur le producteur qui, contrairement au citoyen, peut choisir de minimiser les

emballages ou de pratiquer l'éco-conception. On parle de Responsabilité Elargie du

Producteur : REP.

La REP est une stratégie de Production Propre qui, en déplaçant les coûts de gestion

des déchets du citoyen au producteur, influence directement la conception du produit.

En France, cet instrument à tout d'abord été appliqué aux huiles usagées à la fin des

années 70, puis aux déchets d'emballage ainsi qu'aux piles et accumulateurs usagés

dans les années 90. Les directives européennes sur les véhicules en fin de vie et sur

les déchets d'équipement électriques et électroniques vont également dans ce sens.

Les schéma de Production Propre doivent présenter les caractéristiques suivantes :

- Absence de substances toxiques : papier blanchi sans chlore, batteries sans cadmium,

encres non toxiques. Une teinture traditionnelle peut par exemple contenir 8000 substances

chimiques différentes. Pourtant, après reflexion, une entreprise est parvenue à supprimer

7962 composés chimiques à la demande d'un fabriquant de textiles propres. Il a du

s'adresser à 60 industriels différents avant d'obtenir une réponse favorable !

- Efficacité énergétique au niveau de la fabrication et de l'utilisation. Une maison bien conçue

et construite avec des bio-matériaux permet de diminuer fortement les dépenses

énergétiques et d'éviter de nombreux déchets, souvent toxiques, bois traité, ciment, PVC...

- Utilisation de matériaux renouvelables dont l'extraction et l'exploitation se font d'une manière

qui maintien la viabilité des éco-systèmes et des communautés humaines. Ou, dans le cas

des ressources non renouvelables, l'utilisation par recyclage des matériaux déjà extraits.

Les produits doivent être durables et réutilisables, l'ère du jetable doit faire place à l'ère du

réutilisable et du reremplissable par le biais de la consigne et de la vente en vrac.

Avant toute chose se pose aussi la question de déterminer si un produit correspond à un

besoin véritable.

Parallèlement à la reconception des produits, le système industriel actuel, unidirectionnel,

doit évoluer vers un schéma cyclique sur le modèle des écosystèmes naturels afin de parvenir

à zéro rejets. Certains parcs industriels répondent déjà à ces critères au Danemark, en

Suède et en Grande-Bretagne. Le gouvernement Suédois à également mis en place une

Délégation aux cycles naturels afin de tendre vers le zéro déchet.

Enfin, même si ces évolutions sont du ressort des industriels, c'est à nous, citoyens de dtimuler

le marché en faveur de la Production Propre. La pression des consommateurs sur les

distributeurs et des fabricants est toujours un moyen plus efficace et plus rapide que la

régulation pour faire évoluer le système. Le public, en demandant directement des comptes

au producteur, peut constituer un outil très efficace de pression en faveur d'une production

plus propre. Enfin, si vous souhaitez verdir vos achats, pensez aux labels.

Le concept Zéro Déchets signifie l'évitement des déchets pas l'imitation des cycles naturels

où tous les déchets constituent une ressource pour d'autres organismes. Cela a été

réalisé par des brasseries implantées aus îles Fidji, en Tanzanie, en Chine et en Namibie.

Les brasseries produisent un déchet solide. Des champignons peuvent être cultivés sur

ce résidu, cela permet de transformer la lignine en carbohydrates de haute qualité pouvant

nourir le bétail local. Des vers de terre sont ensuite cultivés et permettent ainsi d'absorber la

masse des déchets restante et de nourir un élevage local de poules. Les déchets animaux

sont ensuite méthanisés et fournissent ainsi de l'énergie pour le fonctionnement de la brasserie.

Ainsi la boucle est bouclée.

Figurant sur plus de 90% des emballages, le "Point vert" ne signifie pas que le produit sera

recyclé mais seulement que le fabriquant de cet emballage cotise à une société (Eco-emballages)

chargé de valoriser les déchets d'emballages. Cette cotisation est dérisoire par rapport

au coût réel de la prise en charge des emballages et n'incite donc pas les industriels à

réduire les emballages. Le point vert devrait donc être réévalué de manière à ce que les

industriels supportent l'essentiel des coûts de la gestion des emballages en application du principe

pollueur-payeur.

De nombreuses collectivités ont déjà mis en place des plans de réduction des déchets

comportant des mesures originales et variées. Ainsi, Rotterdam, Pays-Bas, à créé une

carte de consommation éco-responsable permettant à celui qui la détiend de cumuler

des points à chaque achats éco-responsables et de bénéficier ainsi de réduction sur

l'achat de biens ou de services durables, comme les transports collectifs. Vienne à édité

des guides de la réparation de la location... La ville de unich possède un service

exclusivement destiné à la mise en place d'actions préventives, tel quel la location de

vaisselle réutilisable et d'un lave-vaisselle mobile pour les fêtes et manifestations publiques.

L'omniprésence du plastique ! 85% des objets qui nous entourent sont fabriqués à partir de

matière synthétique, issues du pétrole.

Le problème des déchets est-il aussi complexe qu'on voudrait nous le faire croire ?

Plusieurs collectivités ont prouvés qu'il était possible de valoriser, sans incinérations,

60 à 70% des déchets, rapidement et sans trop de difficultés. Le vrai problème se pose

donc pour les déchets résiduels, 20 à 30% mais là encore nous avons des exemples

encourageants : la Finlande, après avoir valorisé 55% de ses déchets, est parvenu à

réduire de 3% sa production de déchets résiduels entre 2000 et 2001.

La Nouvelle-Zélande vient, quand à elle, d'adopter une politique Zéro Déchets et prévoit

d'atteindre le Zéro Déchets d'ici 2020. Tout ne serait donc qu'une question de volonté

politique... qui fait cruellement défaut en France !"

Document écrit par Florence Couraud, responsable de la campagne Production

Propre et édité par le CNIID, 21 rue Alexandre Dumas, 75011 Paris, 0155782860, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Vous pouvez devenir adhérent au CNIID. Renseignements sur :

Le site du Centre national d'information indépendante sur les déchets

Source : CNIID : Pourquoi et comment réduire nos déchets

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