Dossier : qu'est-ce que l'empreinte écologique ?

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L'empreinte écologique est un indicateur qui vient en aide aux indicateurs environnementaux existants.

Grâce à ces nouveaux outils, nous pouvons mieux gérer notre vie au quotidien.

Afin de les démocratiser et de les améliorer pour en faire une palette d'outils pour le citoyen, nous allons

décrypter ces indicateurs et comprendre leurs applications.

Grâce à ces indicateurs, nous pouvons adapter à la réalité nos modes de production et de consommation

et décider d'une économie plus saine pour notre pays.

Les principaux acteurs, en Europe, travaillant autour de l'empreinte écologique sont :

- Global Footprint Network,

- la Commission Européenne,

- l'European Environment Agency,

- la DG Environnement chargée de la politique environnementale de l'Europe,

- le WWF.

Depuis 1998, le WWF publie le rapport Planète Vivante qui permet aux pays et aux régions d'avoir une

vision sur la manière dont nous gérons nos ressources.

Nous allons tout d'abord comprendre comment est calculée l'empreinte écologique puis nous ferons le tour

des autres indicateurs environnementaux.

L'unité de mesure de l'empreinte écologique est l'Hectare Global en fonction duquel on détermine ce que nous

prélevons de la planète en fonction de nos besoins par rapport à sa capacité à se régénérer. Des travaux sont

en cours pour créer une mesure en hectares réels qui permettraient une meilleure gestion des ressources locales.

L'empreinte écologique s'applique aussi aux échanges de marchandises entre pays. Material Balance calcule

l'empreinte des marchandises échangées à partir du cycle de vie des produits et des rendements des écosystèmes..

Input-Output analyse les flux d'échanges par secteurs économiques.

? L'Empreinte Energie compte en majorité pour le calcul de l'empreinte. Elle part des émissions faites par

l'homme à partir de la combustion des énergies fossiles et estime la surface de forêt nécessaire pour

neutraliser les émissions de CO2. D'autres méthodes sont en cours d'élaboration pour mieux déterminer

tous les facteurs environnementaux capables d'interagir avec le CO2.

? L'Empreinte du nucléaire est en cours d'élaboration, elle calcule le CO2 émis par nos modes de production

en fonction de la surface nécessaire pour produire les ressources naturelles ajoutées au calcul de la

surface d'absorbtion du CO2 émis. Cette méthode devrait venir s'enrichir d'un calcul de la gestion des déchets,

problème incontournable.

Si les recherches sont encore à préciser, on sait désormais quels sont les facteurs qui influencent le plus l'empreinte

écologique des nations : PIB/ habitant, consommation d'énergie primaire, population, émission de CO2,

température, précipitations, rendement de production du blé, avancement technologique (nbre de téléphones

portables et fixes/ habitant, fertilité des sols, superficie, latitude). Le facteur dominant est celui de la richesse

économique, plus on est riche, plus on consomme, en tout cas pour les pays qui n'ont pas encore pris conscience

des dégats qu'ils produisaient.

? L'Empreinte Eau évalue le volume d'eau nécessaire pour répondre aux besoins d'une population. On

calcule cette empreinte à partir de n'importe quel habitant ou produit de consommation.

C'est toute l'eau utilisée pour sa fabrication :

- 1 kg de maïs: 900 litres d’eau

- 1 tee-shirt en coton : 2 700 litres d’eau

- 1 hamburger : 2 400 litres d’eau

- 1 kg de bœuf : 15 500 litres d’eau

- 1 feuille A4 : 10 litres d’eau

- 1 tasse de café : 140 litres d’eau

Le site www.waterfootprint.org permet de calculer son

empreinte eau individuelle.

? L'Empreinte de l'alimentation est bien sûr centrale, nos modes d'alimentation et de production

paraissent bien irresponsables comparés aux conséquences qu'ils impliquent. Déjà parce que notre

alimentation n'est pas équilibrée, ensuite parce que nous ne consommons pas assez de produits de

saison et locaux. Les supermarchés nous ont coupés de la réalité de la nature parce qu'ils proposent

tout et n'importe quoi.

Le principal problème que rencontre l'Empreinte écologique est qu'elle est encore incomplète et qu'elle

n'a pas encore développé les bons outils pour les pays qui voudraient gérer leurs Comptes Nationaux en

fonction d'elle. Il y a encore du boulot !

Cependant, il existe déjà des calculateurs d'empreinte écologique à destination du grand public :

• Le WWF-Belgique et le WWF-UK ont développé de nouveaux calculateurs d’empreinte

écologique conviviaux, à destination du grand public : http://footprint.wwf.org.uk

• Le bureau d’études anglais Best Foot Forward propose un nouveau calculateur pour les

organisations, permettant de calculer l’empreinte écologique et l’empreinte carbone :

Ifootprint Business. Version d’évaluation consultable sur www.footprinter.com

• Par ailleurs, l’Institut Angenius propose un espace de travail collaboratif pour les personnes

ou les organisations souhaitant améliorer leur connaissance et leur maîtrise de la méthodologie,

afin qu’ils puissent développer les outils de calcul par eux-mêmes. Cet espace, développé en mode

libre wiki, est accessible sur http://ee.angenius.net

De quelle manière pouvons-nous réorienter notre développement et à partir de quels outils ?

Voici l'Edito de la Newsletter empreinte écologique proposé par le WWF de Novembre 2007 :

«Elaborer des indicateurs agrégés de développement durable tels que le PIB vert, l’empreinte

écologique ou le capital public naturel : le groupe souhaite que les services statistiques

français, au premier rang desquels l’INSEE et l’IFEN, testent et proposent dans les mois qui

viennent une première évaluation des indicateurs de PIB vert et d’empreinte écologique.

Cette action fait consensus au sein du groupe de travail ».

Les conclusions du Groupe 6 du Grenelle de l’Environnement sont claires : il est fondamental

pour la France de mettre en œuvre des indicateurs nationaux de développement durable.

Le choix de ces indicateurs n’est pas neutre : retenir ou écarter telle ou telle méthodologie,

c’est décider de se doter ou non d’outils réellement pertinents pour évaluer et orienter les

politiques publiques et industrielles. Les critiques exprimées (comme celles du MEDEF à

l’égard de l’empreinte écologique) ne sont-elles pas révélatrices des pressions exercées par

les lobbies pour freiner la mise en place d’indicateurs efficaces, étape obligée pour le

déploiement d’une politique ambitieuse de développement durable ?

Tout organisme peut, pour une somme variant de 300 à 8 000 €, rejoindre le réseau de

partenaires du GFN, recevoir les calculs nationaux, suivre les formations correspondantes

et participer aux groupes de recherche.

Les feuilles de calcul pour l’empreinte écologique mondiale, avec les hypothèses et les sources,

sont téléchargeables gratuitement sur le site du GFN6.

Au Royaume-Uni, le Carbon Trust12 propose aux individus ou aux entreprises de calculer leurs

émissions de CO2 et de les réduire. A l’échelle d’un objet, l’énergie grise mesure l’énergie

consommée par l’objet durant tout son cycle de vie (production, transformation, transport, élimination).

L'analyse de cycle de vie d'un produit concerne aussi bien les services et les procédés que les biens.

Il estime son impact depuis l'extraction des matières premières qui le composent jusqu'à son

élimination en passant par sa distribution et son usage : éco-étiquetage

L'analyse des flux de matière comprend des indicateurs qui mesurent :

• les matières entrant physiquement dans l’économie (DMI, Direct Material Input)

• les matières premières nécessaires au fonctionnement de l’économie (TMR, Total Material Requirement)

• les matières rejetées dans l’environnement (DPO, Domestic Process Output)

• les matières consommées par la population du pays (DMC, Domestic Material Consump-

tion). Le DMC de la France était ainsi de 14,9 tonnes par habitant en 2001.

Le NAMEA, National Accouting Matrix Including Environmental Accounts, détermine les

contributions des branches d'activité économiques aux pressions environnementales.

Les indicateurs alternatifs au PIB comme le PIB Vert, l'indice de bien-être économique,

l'indice de progrès véritable, l'épargne véritable et les indices sociaux et humains comme

l'indice de développement humain, l'indice de santé sociale, le BIP 40 ou encore l'indice

de bonheur sont encore difficilement évaluables de part la difficulté à la monétarisation des

éléments sociaux.

Cependant des indicateurs pour les régions et les collectivités territoriales sont à développer et améliorer

?Empreinte Ecologique Ouverte :

L’Institut Angenius vient de mettre en ligne un outil permettant aux utilisateurs de s’approprier une

démarche d’empreinte écologique de façon libre et ouverte. Ce « Tableur Empreinte Ouverte » (TEO),

téléchargeable gratuitement sur le site, se présente sous la forme d’une base de données regroupant

plus de 500 « facteurs d’intensité », permettant de calculer par exemple l’empreinte écologique

d’un kilo de pommes, d’un kilomètre en train, d’un kWh, d’une tonne d’aluminium recyclé, etc….

Il présente en outre les sources et les hypothèses utilisées pour le calcul de chacun de ces

facteurs d’intensité : certains facteurs proviennent des comptes nationaux du GFN , d’autres sont

affinés pour tenir compte des données énergétiques issues notamment d’ACV ou de Bilans Carbone.

Utilisable sous Licence Creative Commons, cet outil est le fruit d’une collaboration entre de nombreux acteurs :

SITA et Médiation Environnement sur le plan technique, Agrocampus Rennes / RC Repas et le

Pays de Guinguamp pour les applications, Mose («artisan du logiciel libre» à la pointe des technologies Wiki)

pour la conception « open source » de l’outil, le GFN et Ecolife (Belgique) pour la méthodologie.

Pour Thanh Nghiem, fondatrice d’Angenius et initiatrice du projet, « TEO résulte de contributions

libres d’acteurs engagés, d’experts et d’usagers, qui agissent pour créer. Comme pour Linux, tout le

monde peut participer. C’est un outil mais surtout un environnement ouvert et des communautés

d’utilisateurs / développeurs qui collaborent pour une avancée collective. »

Cet outil, attendu en France depuis plusieurs années, contribue à la transparence, à l’ouverture

et à l’enrichissement de la méthodologie de l’empreinte écologique. Il facilitera l’appropriation

de l’outil par ses usagers, et l’élaboration d’une connaissance appliquée basée sur les applications de l’empreinte écologique.

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