Dossier : Comment purifier l'air de nos maison par les plantes ?

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*( Retrouvez en fin d'article un tableau des plantes dépolluantes à

utiliser en fonction des pièces de la maison. )

Les effets de la polution de l'air peuvent avoir des effets nocifs sur notre santé car nous respirons

12 mètres cubes d'air par jour provenant d'espaces clos où nous passons 80% de notre temps.

Il nous est possible pourtant de réduire les sources de pollution et de remédier partiellement à

la pollution de l'air intérieur de façon agréable grâce aux plantes d'intérieur.

I) Un peu d'histoire :

? En 1997, les dirigeants de pays se réunissent autour du Protocole de Kyoto à propos de la polution

de l'air extérieur.

A l'origine, les recherches de plusieurs scientifiques amènent à une prise de conscience générale

des populations. En 1974 pourtant, on parlait déjà de la notion de qualité de l'air mais de l'air intérieur

qui devient un objet d'études.

Un américain du nom de Bill Wolverton de la NASA dirige ces études pour les engins spatiaux habités.

Ce qui l'amena à faire ses recherches sur des habitats écologiques fermés. Il mesura l'absorption des

composés chimiques par des plantes d'intérieur à travers un système de biofiltre amélioré. Il découvrit

que c'est l'ensemble de la plante, feuilles et racines qui entre en rapport avec les polluants.

? En France, dès 1993 le gouvernement pense à la création de l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur

mais ne réalisera ce projet qu'en 2001 ! Pendant ce temps, le Syndicat national des paysagistes d'intérieur,

le SNPI fait valider les recherches de Wolverton par les scientifiques français. Puis il s'associe au

Commissariat à l'énergie atomique, le CEA qui intègre un laboratoire de physiologie végétale. Les recherches

du SNPI porte sur l'effets des végétaux d'intérieur dans des espaces clos. Le SNPI, fort de ces recherches

constitue un projet de recherche : "l'assainnissement de l'air à l'intérieur des locaux et l'utilisation des

plantes vertes", où "biodépollution des atmosphères confinées" mais les recherches s'arrètent !

? En 2000, dans les Pays de la Loire, une association nommée "Plant'Air pur" veut relayer les travaux effectués

au paravant et les diffuser.

? En 2001, le gouvernement crée l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur (santé public et baptiment) et

lance des campagnes de prélèvement d'échantillons d'air dans les logements pour les analyser. Le laboratoire

est financé par l'état et l'ADEME, l'agence pour le développement de l'environnement et la maîtrise de l'énergie.

? En parallèle, le Conseil régional Nord-Pas-de-Calais veut s'associer aux recherches existantes et lancer

un programme de recherche. Cette région rencontre des problèmes de pollution au niveau local et crée le

programme Phytair , fin 2001 réparti entre Nantes et Lille. En 2007, l'évaluation des capacités d'épuration

à travers 3 plantes et trois polluants, établie une méthodologie évaluant les procédés d'élimination des COV,

composés organiques volatils.

*Les plantes agissent sur les polluants qui y pénètrent, soit par les racines, soit par les feuilles.

Au Japon, par exemple en 2006, on installe dans les hôpitaux des jardins écologiques, on réfléchit en France

et au Canada à des jardins filtrants et des murs végétaux dépolluants et à des systèmes de ventilation.

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II) Comment éviter certains matériaux ?

*S'exposer à certains matériaux pendant une trop longue période peut provoquer des troubles de la santé.

Comment éviter les matériaux dégagant des composés chimiques nocifs ainsi que les composés

organiques volatils ? Gràce à la certification qui atteste de l'absence d'impacts sur la santé proposé par le

CSTB (centre scientifique et technique du bâtiment) depuis 2003. Vous pouvez consulter les Fiches de

Déclaration Environnementale et Sanitaire des Produits de construction en cliquant ici. Les produits de

construction y sont passés à la loupe. Vérifiez aussi que les matériaux que l'on achète

bénéficient de la certification HQE, haute qualité environnementale et consulter le site du CTBA,

Centre Technique du bois et du bâtiment, pour connaitre les entreprises d'ammeublement et de décoration).

Vous trouverez aussi sur le site la certification de la marque NF.

Pour plus de renseignements, nous vous invitons à consulter ces différentes adresses :

? Webzine du CSTB : NF Maison individuelle démarche HQE : la contribution personnelle des Français au développement durable

?Webzine du CSTB : La HQE® certifiée s'invite dans les maisons individuelles

?Webzine du CSTB : Plan National Santé Environnement, étape 2 - 2009-2013

?Webzine du CSTB : Le Bâtiment au coeur des préoccupations du Plan National Santé Environnement

Les produits à éviter et à bannir sont le PVC, les peintures, les colles, vernis, produit de traitement

du bois, les insecticides, les solvants, les produits d'entretiens ménagers, de bricolage, les

appareils de chauffage, de cuisson au gaz.

Le classement des polluants sont définit à travers trois groupes par le gouvernement à travers le

programme "Plan national santé environnement 2004-2008".

*groupe A : les hautement prioritaires,

*groupe B : les très prioritaires,

*groupe C : les prioritaires.

Par exemple dans le groupe A, on retrouve le PVC, dans le B, les allergènes pour chien

et chat et d'acariens, le dioxyde d'azote, le trichloréthylène, le tétrachloréthylène, le plomb,

le monoxyde de carbone. Dans le groupe C, on a les champs électromagnétiques à très basse

fréquences, les COV, les fibres d'isolation.

Il est toujours conseillé d'installer la VMC pour renouveler l'air que l'on pollue même parfois

naturellement en transpirant, en bricolant, en utilisant certains appareils, produits...

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III) COV, de quoi parlons-nous ?

Les COV font parti des polluants de l'air et sont répartis en quantité importante dans l'air de nos

maisons. Ces composés contiennent du carbone, des hydrocarbures et d'autre espèces chimiques...

Ils sont liés à l'utilisation des parois intermédiaires d'isolation, fabriqués en matériaux qui

empêche le renouvellement de l'air intérieur, le brassage de l'air. Les gazs polluants stagnent donc

à l'intérieur des maisons.

*Tous les produits qui dégagent une odeur libèrent des COV mais tous les COV ne sont pas odorants.

Les solvants que l'on retrouve dans l'essence, le white-spirit, l'essence de térébenthine et alcools

s'appellent toluène, xylène, trichloréthylène.

? On retrouve le benzène dans la peinture, encre, matières plastiques, détergents, carburants, fumée de

cigarette. L'OMS, l'Organisation mondiale de la santé considère qu'il n'y a pas de seuil minimal

d'exposition à ce produit et qu'il est cancérigène. La commercialisation de ces produits en France

interdit les solvants contenant plus de 0,1 % en poid de benzène.

Le toluène, peinture, vernis, encres, colles, moquettes, tapis, vapeurs d'essence à un seuil

limite de 0,26mg/m3 pendant une semaine. Au delà, il est cancérigène.

? Le seuil du styrène, plastique, matériaux isolants, carburant, fumée de cigarette est de 0,26mg/m3 par semaine.

? Le xylène et le trichloréthylène se trouvent dans les solvants, insecticide, dégraissant pour métaux, mousse.

? L'éthers de glycol : produits à "l'eau", lacques, peintures, vernis, savon, cosmétsiques, produits de

traitement du bois, herbicides, fongicides, calfatage siliconé.

? Le formaldéhyde : paneaux de bois aggloméré, mousses d'isolation urée-formol, colle à moquette,

les résines, laine de verre et de roche, peintures, moquettes, textiles, vitrificateurs, cosmétiques, fumée

de cigarette, papiers peints, gazs de combustion de la chaudière.

Depuis mai 2003, le marquage CE informe du niveau d'émission du formaldéhyde. Pour les panneaux

de bois, E1 signifie de faibles émissions. Le site du centre technique du batiment (CTBA) propose une liste

des fournisseurs de ces panneaux.

? Le monoxyde de carbone est un autre polluant intérieur différent des COV, c'est un gaz mortel, il est

émis par les appareils à gaz, à charbon, à pétrole, à essence, à gasoil, à bois : cuisinière, chauffe-eau,

chauffage à gazoil, cheminée, fumée de cigarette, gaz d'échappements.

Il existe des appareils qui mesurent les émanassions de ce gaz. Cliquez ici.

? Les phtalates sont des plastifiants que l'on retrouve dans les PVC, le DEHP, DINP. On retrouve ces

substances dans les jouets et les jouets souples des jeunes nourissons, les revetements de sol.

Les phtalates s'accumulent dans nos tissus graisseux.

? Les biocides et pesticides sont souvents utilisés. L'OMS a établi des classes de toxicité :

* LA : extrèmement dangereux,

* ib : hautement dangereux,

* ll : modérément dangereux,

* lll : légèrement dangereux.

Vérifiez sur l'emballage des produits où ces indications sont précisées.

Par ailleurs, sachez que les fibres minérales artificielles peuvent être remplacées par de nouveaux

isolants : la laine de mouton, plumes de canard. ( Bien que ces isolants soient encore sujet au débat ).

Pour les revetements de sol ou de mur, les fibres naturelles, moins polluantes sont à privilégier.

Les fibres les plus nuisibles à éviter sont par ordre décroissant l'amiante, les fibres céramiques

réfractaires, les laines de roche, les laines de verre et de laitier.

Les effets de la pollution sur la santé a généré "le sydrome des bâtiments malsains". Ils vont d'effets

pathologiques passant par voix respiratoire essentiellement en allant jusqu'à des troubles de la

reproduction en passant par les maux de tête, les troubles cardio-vasculaire, neurologiques,

des problèmes sociaux et organisationels. Les maladies d'origine microbiologiques sont liées au temps

passé dans le batiment malade.

La France n'a toujours pas pris de mesures gouvernementales prenant en compte ce problème mais elle a

réalisé un classement des produits cancérogènes. Par contre des pays comme l'Allemagne ouvre le chemin

en faisant émerger de nouveaux métiers tels que les médecins en maladies environnementales comme le

Land du Bade-Wurtemberg.

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IV) Plantes dépolluantes, comment ça marche ?

Les plantes dépolluantes aident à éliminer certains facteurs de risques mais ne règlent pas tout, il y a

certains gestes à réaliser au quotidien. Pourtant, grâce à la bioépuration on est capable aujourd'hui

d'épurer l'air. Voyons un peu ou en sont nos connaissances en la matière.

La plante, pour vivre et grandir, fonctionne selon un mécanisme dont nous allons nous servir pour

épurer notre air.

La plante respire en absorbant de l'oxygène et en rejetant du gaz carbonique le jour et la nuit.

Par forte chaleur, la plante laisse s'évaporer l'eau qu'elle a puisé dans le sol par les racines. La plante

se nourit grâce à la photosynthèse en absorbant dans l'air et dans l'eau des éléments organiques,

dont le carbone, et transforme les minéraux en matière assimilable, en utilisant l'énergie lumineuse

provenant du soleil. Cette action la fait rejeter de l'oxygène.

*Si le composé chimique qu'absorbe la plante soit, dans le sol, l'eau ou l'air pollué est biodégradable,

la bioépuration peut avoir lieu.

Il est important de choisir sa plante en fonction de l'endroit, car chaque pièce de la maison émet des

polluants particuliers.

Expliquer le mécanisme d'absorption et de transformation des polluants des plantes n'est possible

qu'en raison des découvertes récentes des scientifiques, même si leurs vertues sont utilisées

depuis la nuit des temps.

Cette symbiose, qui s'opère à l'intérieur de la plante, nettoie l'air, libère de l'oxygène et apporte de

l'humidité pour un air plus sain. C'est la phytoremédiation, c'est la remise en état par les plantes.

Comment choisir sa plante ?

— Prendre en compte la taille de la pièce mais aussi les caractéstiques de la plante : besoin en eau,

en lumière, en chaleur, hygrométrie, en fonction que votre pièce est plus ou moins humide.

— Toujours allier les caractèstiques de la plante par rapport à l'endroit où elle sera posée.

— On dispose une plante pour 9/10 mètres carrés environ.

Il faut aussi savoir combiner les effets des plantes pour luter contre les différents poluants présents dans

l'air, car plus une pièce contiend des matériaux ou est un lieu d'activité, plus les interactions entre les

composés polluants dégagés vont être variés et multiples.

? Les conseils pour la cuisine

On trouve souvent dans la cuisine des panneaux de particules mais aussi dans les autres pièces de

la maison. Ils sont fait à partir de colles chimiques au lieu des colles végétales ou animales habituelle.

Ces colles laissent s'échapper le formaldéhyde. Depuis mai 2003, la Commission Européenne

n'autorise la commercialisation que de matériaux faiblement émissifs car le formaldéhyde est

cancérigène.

Les ondes électromagnétiques émises par les appareils électriques sont réglementés

par des normes mais ne concentrez pas tous vos appareils au même endroit et évitez que les ondes

se croisent dans la pièce.

Pour les revetements de sol, l'utilisation de terre cuite posée sur une chappe en béton avec des joints

en ciment est la meilleure des options, la moins polluante. Evitez les matériaux contenant des plastiques

et des PVC, privilégiez le linoléum. Sinon, vérifiez que le PVC est semi-flexible, ou homogène complet.

Quand vous nettoyez votre cuisine, ne surdosez pas car les produits d'entredien (de bricolage aussi !)

contiennent souvent du formaldéhyde et de l'ammoniac, ce que les français ont tendance à faire selon

la commission européenne sur les politiques nationales en environnement.

*Rappelons qu'on ne doit pas s'aretter de vivre et que le plus important est d'aérer sa maison

une fois par jour. Pour une petite pièce, cinq minutes sufisent pour renouveller l'air.

? Les conseils pour le Séjour

La salle de séjour contiens parfois des meubles anciens. Les cires et les vernis qui les entretiennent

contiennent du formaldéhyde ou des éthers de glycol. Le formaldéhyde et le benzène se retrouve aussi

dans les paneaux aglomérés, leurs émissions en COV sont dangereuses pour la santé d'après une

étude 2006, Que Choisir. Surtout, remplacez les peintures classiques par des peintures dites alkydes

en émulsion.

Quand cela est possible, préférez les bois bruts pour vos meubles et pour les contre plaqués, vérifiez

l'étiquetage qui doit porter la mention "peu émissifs en composés organiques volatiles."

Les appareils de combustion doivent être vérifiés régulièrement pour éviter l'émission de monoxyde de

carbonne.

Prenez garde aussi aux désodorisants d'intérieur ou parfums d'intérieur qui dégagent des quantités

importantes de COV et formaldéhyde.

Dans tous les produits que vous utilisez pour l'entretien, vérifiez qu'il ne contiennent pas de solvants.

? Les conseils pour le bureau

Dans le bureau, on a souvent à faire au "syndrome des bâtiments malsains". On retrouve les maux

de tête, la lassitude,yeux, nez, gorge, peau irrité, fatigue mentale, nez bouché... à cause des

matériaux de construction.

*Par exemple, voici ce que l'on retrouve dans la fumée de cigarette :

- l'acétone (dissolvant)

- le monoxyde de carbone (gaz d'échappement

- le cyanure d'hydrogène (poison utilisé dans certains biocides)

- l'ammonium (utilisé dans les engrais)

- mercure et plomb

- le benzène (hydrocarbure que l'on trouve dans les carburants)

- le cadmium (utilisé dans les batteries de voiture)

- le formaldéhyde, le toluène (solvant industriel)

- le DDT 'insecticide)

- l'arsenic (poison violent)

- l'ammoniac

? La chambre des enfants

Voici quelques conseils pour la chambre de bébé : les meubles en bois massif sont à privilégier,

entretenus à la cire naturelle brute. Préférez les rideaux en fibres naturelles que l'on peut nettoyer

soi-même. Pour les fenêtres, les bois non traités sont à achetés. Carrelage, pierre et céramiques

vous offreront des possibilités variées pour les sols sains contrairement aux moquettes qui contiennent

jusqu'à 70% de solvants. Lorsqu'on se chauffe au bois, il est judicieux d'installer un détecteur de

monoxyde de carbone et de fumée.

A éviter dans cette chambre, les plantes d'intérieur qui ne doivent pas être portées à la

bouche : aglaonema, anthurium, bégonia, cyclamen, dieffenbachia, philodendron, poinsettia,

pothos, syngonium.

? La chambre des adultes

Pour la chambre d'adulte, si cela est inévitable, utilisez des colles inoffensives. Les colles à base

d'amidon, cellulosiques en dispersion acqueuse, époxydiques sans solvant ou de polyuréthane sans solvant.

Pour isoler la chambre, remplacez la mousse urée-formol par la mousse de polyuréthane.

? La salle de bain

La salle de bain : beaucoup de produits y sont présents qui contiennent du parfum, des détergents

de lessive, des shampooings en passant par les désinfectants. Mais 80% des produits chimiques

utilisés dans les parfums sont des dérivés du pétrole. Un parfum peut contenir jusqu'à cinq cents

produits chimiques.

Vérifiez la composition de vos produits de beauté.

images/fichiers/tableaux plantes.pdf

Cet article à été écrit d'après le livre "Les plantes dépolluantes" aux éditions France Loisirs par Geneviève

Chaudet et Ariane Boixière. Les tableaux sont tous issus de ce livre.

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