Les villes de demain : l'écologie industrielle

altLa ville repensée

Le terme "d'écologie industrielle" peut paraître contradictoire lorsqu'on l'entend

pour la première fois. Sachez cependant qu'il existe des théoriciens pionniers dans

ce domaine qui ont de quoi nous faire rêver.

Nous sommes de plus en plus nombreux à vivre dans des villes en expansion

alors que les problèmes de vie en communauté, de batiments malsains n'ont pas

été réglès.

Sans compter que le risque de disparition de la biosphère n'a jamais été conciliée

avec les activités industrielles.

Pourtant, les solutions existent et si nos gouvernements sont frileux à l'idée

d'entreprendre des chantiers pour réinventer nos villes, nous devons réfléchir

à leur constructions future.

L'architecte française Françoise-Hélène Jourda qui a consacré sa carrière

à une architecture responsable et une ville durable explique dans une interview

pour France Info que nous pouvons construire des maisons "bio-dégradables"

qui ne laisseraient pas de cicatrices sur la terre, qui durerait le temps de notre

vie et qui disparaitraient. Chaque nouvelle génération pourrait ainsi reconstruire

en fonction des nouvelles techniques.

Le travail des architectes confrontés à nos "vieilles villes" est complexe.

Si nous ne savons pas encore comment les transformer, leur faire un

"lifting écolo", nous savons déjà sur quelles bases construire les villes

de demain et cela commence par par une nouvelle manière de penser

l'industrie :

Nous vivons dans un monde où l'activité humaine polue, goinfre nos

ressources non renouvelables. Forts de cette prise de conscience, nous

souhaitons imaginer un avenir où il serait possible de créer une symbiose

entre ville et nature.

L'écologie industrielle est une pratique récente du management environnemental

qui tend à répondre aux besoins des entreprises par la représentation du système

industriel en tant qu'écosystème en s'inspirant du fonctionnement quasi

cyclique de la nature.

Elle mobilise des disciplines très diverses, informatique, ingénierie, physique-chimie,

écologie, économie, droit, philosophie et intègre ces différents champs de connaissance

par des méthodes d'ingénierie écologique.

Elle s'appuie sur le "métabolisme industriel" c'est à dire l'analyse des flux de matière

sous-jacents à toute activité, les bilans matière-énergie, aus analyses de cycle de vie.

Comment donc allier nos industries chimiques, automobiles, pétrolières,

énergétiques, urbaines, agricoles, forestières, maritimes, touristiques, à

l'idée d'écosystème ?

En créant un ensemble d'industrie en réseau, capable de minimiser son

impact sur l'environnement en étudiant le métabolisme de nos systèmes

pour en optimiser les flux, les stocks, les dépenses, les pertes, les dégradations

de manière à récupérer au mieux ses dépenses d'énergie, recycler ses déperditions,

réutiliser ses déchets, et réduire son emprunte écologique.

Repenser notre activité de production en utilisant des technologies propres qui

permettent la réintégration des produits et des matériaux à l'intérieur des chaînes de

recyclage.

Nous avons déjà tentés à plusieurs reprises, grâce à des politiques écologiques de

"dépoluer" nos industries, à travers le traitement des déchets, des eaux usées,

des boues d'épuration mais ces tentatives ne font que repousser le problème initial.

On tente de racomoder un système alors qu'il faut, pour ne plus polluer du tout,

repenser intégralement les chaines de construction que ce soit dans le bâtiment par

exemple ou encore, l'acheminement dans l'alimentaire.

Idem pour l'industrie automobile ! Alors que le monde grandit et se développe, ces

industries continuent d'injecter dans le marché des voitures avec moteur à explosion.

Mais où en est la recherche ? Les infrastructures de conception, fabrication, production

ne veulent pas changer de fusil d'épaule.

Nous nous devons d'analyser nos techniques, nos besoins et nos moyens et de les

optimiser par le biais d'énergies renouvelables, du processus chimique de décomposition

des déchets, le recyclage, l'interdépendance écologique des individus. Nous devons tenir

compte de critères d'évaluations à long termes.`

Le système économique et industriel doit voir en lui de profondes mutations illustré

par les propos de Suren Erkman (biologiste et journaliste scientifique suisse) : « Nous

devons réformer l’ensemble des chaînes industrielles sur le modèle des chaînes alimentaires,

prévoir les récupérations des déchets dès l’extraction des matières premières, repenser

les technologies de production d’énergie et de motorisation, valoriser nos déchets comme

des ressources, boucler les cycles de matières, minimiser les pollutions, repenser notre

consommation des biens, allonger la valeur d’usage des produits, décarboniser l’énergie,

dématérialiser et alléger tout ce qui peut l’être pour éviter la surcharge environnementale ».

Nous disposons déjà de modèles éco-efficaces d'écologie industrielle pour les parcs

industriels des grandes villes comme à Kalundborg, au Danemark, pour ne citer qu'un exemple.

Revisiter les villes et leur conception démontre que le métabolisme des villes actuelles

fonctionnent comme un "réacteurs à flux continu". Elles pompent, rejettent des déchets

et gaspillent jusqu'à l'épuisement des matières premières. Ce type d'industrie prend

beaucoup de place et multiplie la pollution au niveau des transports.

Au contraire, nous pourions revaloriser le centre ville où la nature aurait ses droits,

créer des villes plus petites mais en plus grand nombre, concentrer l'activité économique

et agricole et ainsi réduire les distances. Nous pourrions revaloriser la production du

terroir, les AOC, valoriser les régions, réaliser la production agricole et la distribution

par le biais de coopérative.

D'après Wikipédia, les conditions de succès d'une symbiose industrielle sont celles

de tout système naturel :

? Diversité ; les activités des entreprises doivent être différentes et complémentaires,

de façon à utiliser les déchets de l'une comme ressource pour une autre.

? Proximité : le coût de transport des déchets ressources ne doit pas être prohibitif

et l'expérience de Kalundborg montre que c'est rapidement le cas pour l'énergie.

? Coopération : pour permettre la mise en oeuvre de la symbiose, il est évident que

les entreprises et leurs dirigeants doivent développer, entre elles, des relations

marquées par la coopération, la communication et la confiance mutuelle.

L'écologie industrielle commence à être enseignée :

? Ressources pédagogiques libres sur l'environnement et le développement durable (propose entre autres une formation en ligne sur l'écologie industrielle)

? UTT / master MEDD (Université de Technologie de Troyes / Management Environnemental et Developpement Durable)

? Mastere Spécialisé Ingénierie et Gestion de l'Environnement (Ecole des Mines de Paris / Mastère Spécialisé Ingénierie et Gestion de l'Environnement pour un Développement Durable)

Source : Wikipedia

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